Le Yangjia Michuan

Le Taiji Quan

Le Taiji Quan (aussi orthographié Tai Chi Chuan) fait partie de la famille des Arts Martiaux Chinois Internes. Il en est l’art majeur. Son origine se perd dans la nuit des temps de la Chine Antique, ce qui le rend création interne à son «berceau» de pays. Il puise ses racines dans la médecine et la philosophie chinoises.

Citons une légende pour illustrer sa particularité. Chan Sanfeng, un ermite aurait surpris un combat entre un oiseau et un serpent. Il vit que ce dernier déjouait et esquivait les attaques répétées du premier par la souplesse et les spirales. Il aurait alors créé un nouvel art martial dit interne où l’on utilise la force de l’adversaire pour lui retourner.

Cet art martial est considéré comme souple, en contraste avec les arts martiaux externes, généralement plus explosifs et plus exigeants sur le plan cardiaque. (Shaolin Gong Fu, Karaté, Taekwondo, Viet Vo Dao, etc.) Le Taiji Quan est resté longtemps dans l’ombre, transmis dans le cercle restreint des familles. Mais depuis le XIXième siècle, il est actuellement le plus connu et le plus pratiqué des Arts Martiaux Chinois Internes.

Il est un art du mouvement tranquille, sous-tendu par une respiration profonde et nourri par une extrême détente musculaire. Il affine la conscience de son corps et développe la confiance en soi.

Outre les exercices de préparation  et les enchaînements de mouvements (duan), l’échange avec partenaire à travers le tui shou (poussée des mains) et les applications martiales constitue une voie essentielle et indispensable à la justesse des mouvements ainsi qu’à leur compréhension. Citons également le nei gong, travail énergétique qui permet de stimuler l’activité organique et vasculaire, tout en apaisant l’esprit.

Cette pratique d’harmonisation du mouvement et du souffle, loin de la recherche de performance, se révèle au fil du temps consacré comme une pratique de santé remarquable, quelque soit son âge. 

Le Yangjia Michuan Taiji Quan

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Wang Yen Nen, 1992

Parfois appelé le style Yang originel, le Yangjia Michuan a été popularisé par maître Wang Yen-nien (1914-2008) dès les années 50 à Taiwan. Il se distingue de la forme Yang  actuelle par un enracinement dans la jambe arrière, une forme plus longue (127  mouvements) et des formes originales à l’éventail, à l’épée et à la perche.

La légende raconte que le fondateur du style, Yang Luchan, aurait simplifié la forme avant de la transmettre aux soldats de la cour impériale, alors dominée par la dynastie Qing (mandchoue), car il était Han. C’est cette forme simplifiée qui a été a son tour transformée par son petit-fils Yang Chen-Fu pour donner la forme Yang classique. Yang Luchan n’aurait transmis la forme originelle à son fils Yang Jian-Hou, qui l’aurait enseigné à son élève Zhang Qinlin. Maître Wang Yen-nien fut probablement le seul élève de Zhang Qinlin à survivre à la guerre sino-japonaise, et à la guerre civile chinoise. Wang suivit le gouvernement de Chiang Kaï -chek à Taiwan, et diffusa largement le Yangjia Michuan Taiji Quan à partir de 1950.

Aujourd’hui, notre style est diffusé par de nombreux professeurs qui ont été les principaux élèves de Wang Yen-nien à Taipei. Citons Georges Lin, Serge Dreyer, Charles Li, Claudy Jeanmougin, Henri Mouthon,  Julia Fairchild, Sabine Mezlé, Michel Douiller, Peter Clifford, Robert Politzer, Christian Bernapel, Hervé Marest, Arlette Théoleyre, etc. Le Collège Européen des Enseignants du Yangjia Michuan Taiji Quan, créé sous l’impulsion de Maître Wang Yen-nien en 1991, comprend maintenant 150 enseignants, qui assurent le dynamisme du style et de son rayonnement.

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